Les cyclistes pourraient bien être invités dans les rues piétonnes


MOBILITÉ DOUCE Lausanne souhaite autoriser la circulation des vélos dans les rues piétonnes. Un assouplissement du règlement qui se ferait conjointement à une augmentation des contrôles.

JULIAN PIDOUX
24 heures du 03 février 2007


COHABITATION: Les vélos et les piétons pourraient prochainement se côtoyer dans les rues de Lausanne jusque-là interdites à toute circulation. Une évolution qui devrait se faire parallèlement à une augmentation des contrôles, afin d’éviter des tensions entre les deux communautés. / PHILIPPE MAEDER

S'ils roulent au pas, les cyclistes pourront circuler dans les rues piétonnes de Lausanne. C'est en tout cas ce que désire Marc Vuilleumier. Le directeur popiste de la Sécurité publique est donc en train d'étudier la possibilité de changer le règlement.

Ce dernier, sauf quelques rares exceptions, ne permet pas aux deux-roues d'emprunter les espaces réservés aux piétons. «Dans l'optique de continuer à promouvoir la mobilité douce à Lausanne, je souhaiterais trouver un moyen de concilier vélos et passants sur un même espace. Il faut voir si légalement il est possible de modifier le règlement. Pour l'heure, cette pratique est interdite.»



Cyclistes menacés

Florence Germond, élue socialiste et présidente de Pro vélo Lausanne, accueille l'initiative à bras ouverts. Car si la topographie difficile de la capitale décourage nombre de personnes à se mettre à la petite reine, le sentiment d'insécurité dans le trafic urbain est également un facteur dissuasif. «Il y a certains endroits où l'intégrité physique des cyclistes est menacée, assure Florence Germond. Les autoriser à partager l'espace des piétons encouragera les Lausannois à se mettre au vélo.»

Marc Vuilleumier insiste par contre sur le fait que les piétons resteront toujours prioritaires. Et pour s'assurer que les deux-roues jouent le jeu et roulent à la vitesse du pas, le municipal précise «que ces futures dispositions n'ont de sens que si les contrôles sont augmentés. Pour les piétons, voir des vélos qui leur passent devant à 40 km/h engendre une insécurité dont je ne veux pas». De son côté, Florence Germond assure que son association, forte de 900 membres, milite pour que les cyclistes respectent les règles de circulation. «Mais il y aura toujours un petit pourcentage d'indisciplinés», regrette-elle. C'est pour cette raison que Françoise Longchamp n'est pas convaincue par la solution à l'étude. La libérale, qui est déjà intervenue devant le Conseil pour dénoncer «ces excès», ne pense pas qu'«une telle cohabitation soit possible».

C'est dans ce contexte que le directeur de la Sécurité publique étudie également la possibilité de créer des patrouilles cyclistes de police, comme c'est le cas à Ouchy durant l'été. «Cette mesure fait partie d'un concept plus large de police de proximité. Face au succès rencontré au bord du lac et à la baisse des délits, il n'est pas impossible que nous étendions la démarche au centre-ville. Cela dépendra naturellement des coûts et des effectifs à disposition.»

Semble-t-il appréciées des badauds et des commerçants, ces patrouilles peuvent couvrir rapidement le territoire qui leur est attribué, «tout en donnant aux citoyens l'impression qu'elles sont proches d'eux», conclut Marc Vuilleumier.

Le vélo en chiffres

TRAFIC Entre 2002 et 2006, le trafic cycliste à Lausanne a augmenté de 50%. Les comptages ont été réalisés sur les quatre artères que sont l'avenue du Chablais, la rue des Terreaux, le Pont Chauderon et le Grand-Pont.

RÉSEAU Fin 2005, le réseau de pistes cyclables était de 30 kilomètres.

PRÉSENCE Selon l'Office fédéral de la statistique, les vélos représenteraient 1,4% du trafic à Lausanne, pour 3,3% à Genève et 8,5% à Bâle.

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